Cette année nous avons navigué, en Bretagne du Sud, en partance d’Arzal avec notre bateau Husavick, un Feeling 44 DI.

L’équipage 2013 était composé de Christophe Almassy, Freddy Andress, Gérard Boege, Benoît Heinrich, Adrien Kling, Nicolas Michel, Patrice Muckensturm, Edouard Steiner et Roger Wendling.

Départ de la gare de Strasbourg, le vendredi 31 mai 2013, dans la matinée en destination de Nantes, pour repartir en train, en direction de Redon et rejoindre le port d’Arzal en taxi et retrouver notre bateau Husavick.

Après la prise des quartiers et l’avitaillement le vendredi après-midi, nous avons passé la nuit à bord de notre bateau avant de quitter le port d’Arzal au petit matin.

Samedi matin, trop tôt pour certains, vu leurs petits yeux, sonnait le départ. Un petit passage par l’écluse et une petite mise en jambe pour le calcul des hauteurs d’eau au niveau de l’estuaire de la Vilaine, pour descendre d’un trait au bois de la chaise à Noirmoutier. Les 45 MN furent avalés dans la journée, pour finir sur un mouillage forain.

Le temps d’une petite visite à pied et d’un petit plateau de fruits de mer le dimanche soir.

Lundi, nous levions l’ancre pour descendre sur Port Joinville YEU (environ 30MN), en vue de goûter un peu à la gastronomie locale et de nous faire pédaler un peu direction de l’anse du Vieux château et du port La Meule.

Une navigation de nuit sportive (F 5 à 6) avec vent de travers/Bon plein, nous poussa vers le NW (Houat), que nous atténuons mercredi au lever du jour en mouillant dans l’anse du Béniguet, pour finir la journée au corps mort du port de ST Gildas.

Jeudi, sonnait le départ en partance pour le port du Croisic en tenant compte de la marée, puisque ce port assèche sur son arrière (chambre des vases). Une petite soirée débriefing et un petit apéro et un très petit pousse café nous faisait tout naturellement aller ….au lit.

Un vendredi se voulant une journée de transit entre les 2 équipes « 1 semaine » et de pêche à pied (moules et huîtres sauvages), nous faisait accueillir Adrien.

Le samedi nous annonçait cette fois le départ de Benoît et Nicolas, l’organisation de l’avitaillement pour la suite et le largage des amarres pour le port du Crouesty. Sur cette NAV Husavik nous démontrait encore une fois ses capacités sous F6 au près/bon plein, atteignant par moment près de 11 nœuds fond sans broncher une petite réduction de GV avec F7, était néanmoins souhaité.

Le restant des jours se déroulaient dans le Golfe du Morbihan avec un Gérard doublement étonné qu’on puisse rentrer dans le Golfe sans faire marche arrière.

Quelques escales et lieux remarquables étaient programmés et bien sûr atteints :

• Le goulet de Port Navalo, la passe aux moutons, la passe de port blanc et d’Arradon,

• Vannes avec sa rivière et son chenal sondé de près…

• Les iles Ars et les Moines,

• La rivière d’Auray est ses courants avec une petite escale au Bono.

Malheureusement, le Golf fût un peu humide !!!!

Un petit détour à Belle Iles (Le Palais) sous F6/7 au près/bon plein avec une petite houle de 2 m, malmenant les estomacs de certains équipiers n’est-ce pas Adrien.

Avec un Christophe aux anges, il barrait la bête en goûtant à son turbo. Gérard s’est malheureusement blessé durant cette journée.

Un passage en force 8 nœuds fond dans le Béniguet pour finir avec un bord au travers puis bon plein jusqu’au SUD de la Teignouse en vue de virer bord sur bord vers Le Palais.

Une petite visite de la ville l’après-midi, ainsi qu’un petit restaurant le soir, nous clôturait cette avant dernière journée de navigation.

Malheureusement, la fin de cette croisière commençait à se profiler un dernier bord du Palais à Arzal avec bien sûr un calcul de marée digne de ce nom (dernier flot et dernier éclusage).

Pour finir une très belle manœuvre d’écluse, mais une autre qui l’était un peu moins… les intéressés se reconnaîtront !

Que dire de plus, une très belle navigation, un équipage heureux, de nouveaux équipiers intéressés, un bateau ramené à bon port, sans faire de casse, ne peuvent que donner satisfaction au chef de bord.

Merci Freddy pour ce résumé !

La “coutume” Kanak

Publié: 16 avril 2010 dans Voyages

Véritable mode de vie, code social comme il en existe partout à travers le monde, la coutume reste souvent complexe pour ceux qui débarquent en Calédonie. Mais si elle régit l’existence et les temps forts de la vie d’un peuple, comme les rassemblements coutumiers, la fête des nouvelles ignames, les mariages, les naissances ou les deuils, elle se vit aussi au quotidien. Et vu de Nouméa, la chose n’est pas toujours évidente ! Petit décryptage de la coutume en terre “kanak”… pour ne pas se prendre les pieds dans la natte !

La coutume, c’est d’abord l’établissement, en un temps précis, d’une relation privilégiée et unique entre des individus. C’est se reconnaître l’un l’autre à travers des échanges de paroles qui s’appuient eux-même sur des dons, dont les plus importants sont traditionnellement les monnaies kanak, qui représentent l’ancêtre du clan et les ignames sacrées. C’est aussi montrer son humilité, son respect de l’autre et des règles. Pas le moment de s’emmêler les crayons et de faire ou de dire n’importe quoi, au risque de saboter un instant magique. Car par le geste coutumier, on se soumet à la hiérarchie, à ses structures et à son organisation, et c’est à la grande chefferie qu’il faut demander toutes les autorisations, comme celles d’accéder à la mer, à la montagne ou même de circuler sur les terres de la tribu. Bien sûr, chaque Kanak qui a grandi en milieu tribal connaît les chemins de la coutume. Mais certains jeunes, élevés en ville, ont perdu une partie de leur racines. C’est dire si les Blancs sont parfois perdus dans ces échanges codés qu’ils ne maîtrisent pas, heureusement que les Kanak sont tolérants avec ceux qui ne savent pas !

Le respect du peuple kanak passe par cet usage très répandu qu’il est impensable d’ignorer !

Un code social fort

Symbole de la parole et de l’écoute, la coutume est toujours là pour rappeler les alliances passées et présentes, dans le but d’affirmer l’esprit unitaire entre les hommes. De nos jours, elle s’entend souvent en termes de dons d’ignames, de tissu et d’argent. Le tabac ayant peu à peu été supprimé, car considéré comme néfaste pour la santé bien qu’il soit toujours fort apprécié. Autrefois, on utilisait les monnaies kanak, réalisées à partir de matériaux naturels comme les coquillages, les poils de roussettes (chauve-souris) ou bien les os. Et si la tradition a bien failli se perdre, aujourd’hui leur création a été relancée, surtout dans le Nord de la Calédonie, où l’on voit de magnifiques pièces de facture récente. Son rôle peut être très important, ainsi, le grand chef peut demander à ses sujets de voter pour lui au Conseil coutumier ou de l’élire à tel ou tel poste. Concrètement, celui qui fait la coutume pose son offrande par terre, devant lui, et explique la raison de son geste dans un discours qui ferait presque peur tellement ses intonations ont l’air grave. Celui qui la reçoit prend ensuite la coutume posée au sol, ce qui signifie qu’elle est acceptée. En échange, il fait un geste de retour constitué de tissu et de monnaie, afin de symboliser son remerciement. Chacun d’eux pourra ensuite prouver à sa famille que l’échange à bien eu lieu.

   

Le geste au quotidien

En dehors de Nouméa, la culture kanak fait partie du quotidien et les Blancs savent qu’il est d’usage, lorsqu’on arrive dans une tribu, de s’adresser au petit chef ou au grand chef et de lui faire un présent dont l’importance croîtra en fonction de sa requête. C’est ce qu’on appelle ici “faire la coutume”. Le respect du peuple kanak passe par cet usage très répandu qu’il est impensable d’ignorer, mais dont peu connaissent finalement les méandres (cf. le kit du débutant) ! En échange, vous serez chaleureusement accueillis, si vous avez été gentils (!) et l’on vous rendra cette générosité en vous faisant déguster spécialités et fruits de la région ou en vous invitant à partager un moment de découverte unique. Le respect de la coutume peut aussi se manifester par l’interdiction de pénétrer dans certains lieux tabous sans l’autorisation préalable des chefs de clan ou de tribu, et là c’est la grosse punition. Avant de visiter ces endroits, il faudra donc déposer une requête verbale ou un geste rituel lors d’une cérémonie coutumière au cours de laquelle des paroles de bienvenue seront prononcées après un échange de présents. N’hésitez pas à vous renseigner auprès des Kanak que vous rencontrerez, ils vous expliqueront le sens de ces gestes symboliques et vous indiqueront la procédure à suivre pour réussir votre geste. Entre frères du pays, l’entraide n’est-elle pas de rigueur ?

 

Le kit du débutant

Pour ne pas rater votre première coutume d’accueil, présentez-vous au grand chef en lui offrant un “manou” (paréo) neuf, un billet de 1000 francs et, pourquoi pas, quelque chose de personnel comme une casquette ou un foulard corse (!). Surtout, évitez de parler de paréo et inutile de palabrer pendant des heures sur votre magnifique personnalité. Souvenez-vous plutôt que vos paroles devront être humbles et pleines de respect. Imaginez que vous arrivez chez un ami potentiel et qu’au lieu de lui apporter une bouteille de vin ou des fleurs, vous vous soumettez à ses habitudes. Si la tribu est éloignée, vous ferez des heureux en pensant à apporter du riz ou des gâteaux. Mais évitez le tabac, qui est désormais jugé nocif par les chefferies. Sachez que plus que l’objet, c’est le geste et les paroles qui comptent. Celles prononcées par les Kanak – s’ils acceptent votre coutume – vous indiqueront que désormais vous êtes leur hôte et qu’ils vous protègeront. Ensuite viendra votre tour, et vous exprimerez votre joie d‘être accueilli et remercierez vos hôtes pour ce partage. Leur manière d’être à votre écoute et de vous témoigner du respect sera souvent de baisser les yeux. Vous ferez donc de même, sans jamais interrompre votre interlocuteur (sinon, houlala…). Ensuite viendra le temps du partage…

FROM SYDNEY TO NOUMEA (2010)

Publié: 28 février 2010 dans Voyages

Ayant décollé de Frankfurt en date du 7 février à 23h20, et après une escale technique à Singapour, j’atterri enfin le 9 février à 6h25 à Sydney. Après avoir récupéré mes bagages, je retire un peu d’argent au distributeur “AMZ” dans l’aérogare, puis me met en quête d’un taxi pour rejoindre “41 SUD” qui se trouve amarré au ponton “B43” du “Cruising & Yachting Club of Australia” dans “Rushcutters Bay” que je connais bien maintenant. Tout en m’approchant du ponton, j’aperçois Jean-Luc qui me reconnaît et vient à ma rencontre pour m’accueillir. Je monte à bord de “41 SUD” ou Véronique me salue et me présente William qui fera parti de l’équipage de convoyage vers Nouméa. D’emblée, Jean-Luc m’attribue mes quartiers ou je dépose mes affaires puis en profite pour me mettre en short car il fait déjà très chaud en ce début de matinée. La fin de matinée approchant à grands pas, Véronique nous concocte un petit repas léger, avec une bonne bière puis en dessert une tranche de melon qui sera la bienvenue, histoire de se rafraîchir.

En début d’après-midi, mes paupières se font tellement lourdes que je m’écroule dans ma couchette ou je fais un somme de 2 heures au moins. Il est vrai que je n’ai pas beaucoup dormi depuis mon départ de Strasbourg, et le besoin s’en faisait sentir…

Le lendemain (10 février), après avoir pris un petit déjeuner, premières sorties dans Sydney, ballade, avitaillement du bateau, etc… 

      

Le mercredi matin a été consacré à la réparation du secteur de barre qui cognait à la coque à chaque vague, et le jeudi matin au “patchage” de la grand voile qui a déjà plusieurs milles à son actif et nécessite quelques petites réparations. Les après-midi étaient bien entendu toujours réservées aux ballades dans le parc de l’Opéra dont le Botanic Garden, ou bien au shopping dans Sydney. Le soir venu, un dernier diner “Indien” dans “Darling Harbour” allait clôturer le séjour de Véronique qui nous quittera vendredi en fin de matinée pour rejoindre Nouméa en avion. Par la suite, elle sera pour nous une aide précieuse pour le retour puisqu’elle nous communiquera à intervalles réguliers les fichiers et la météo marine. Après son départ, nous nous sommes rendu à Manly, où Mathieu, le troisième équipier nous ayant rejoint, cherchait des équipements chez le “Shippchandler” bien que sans résultats. Cela nous aura au moins permis une belle ballade durant cette journée sur les hauteurs de ce quartier très accueillant.

        

L’équipage ainsi formé, il ne restait plus que l’avitaillement pour le retour à faire ce dimanche afin d’appareiller dans de bonnes conditions. Le départ étant prévu lundi matin après que les formalités de sortie de l’Australie soient exécutées sur les 9h00. Et c’est à ce moment que le moteur du bateau ne voulait pas démarrer… Nous nous mettons à la recherche de la panne en démontant le panneau de démarrage, contrôlant les différentes connections, etc… Ne trouvant l’origine de la panne, Jean-Luc fît appel à un spécialiste qui en quelques minutes diagnostiquera que la batterie de démarrage était à plat ! Nul d’entre-nous ne pouvait douter de cela, puisque nous étions persuadés que la batterie de démarrage était séparée des autres circuits. Cela est bien exact, sauf que l’emplacement que nous supposions être celui de la batterie moteur, n’était pas celle que l’on croyait … Enfin, le doute étant levé, le moteur démarra, et nous entamions notre sortie de la marina en direction des “Heads”, point de sortie obligatoire pour aller vers le large.

         

Les “Heads” franchis, les quarts se succédèrent les uns après les autres au rythme de 2 heures, puis 6 heures de repos et cela jusqu’à Nouméa. Nous sommes partis avec une dépression au portant sous foc et grand voile avec 25 à 30 noeuds de vent. Après quelques heures, le vent faiblissant un peu, le “Genacker” est mis, favorisant ainsi un peu plus de vitesse. Hélas, cela fût de courte durée, puisque après un départ au lof,  la têtière du genacker a explosé, et il fallait le ramener à bord avant qu’il ne passe en-dessous du bateau. Après avoir récupéré la voile, nous avons hissé le génois qui nous faisait avancer à 8 noeuds en moyenne. La dépression se relachant, la traversée se faisant avec un vent régulier se situant entre 20 et 30 noeuds et nous ramenant petit à petit au près , ce qui était plutôt agréable pour nous. Mis à part quelques vagues intempestives et une houle de travers, nous n’échapperons non plus à quelques grains à chaque fois que William prenait son quart !

Retour de 41SUD sur Nouméa après la Sydney-Hobart 2009

Une dernière frayeur à 1 heure du matin et à moins de 5 nautiques du récif du phare “Amédée” pendant mon quart a fait monter tout l’équipage sur le pont. En effet, je remontais au près vers le phare lorsque d’un coup, le barre ne répondait plus rendant incontrôlable le bateau ; le secteur de barre s’est “barré” Déçu ! ! ! Après vérification, la réparation était possible et dura 1h30 avant que nous puissions reprendre notre route. Heureusement que cela est arrivé alors que nous n’étions que sous foc seul et pas encore dans le récif, ce qui nous  permis d’éviter le pire…

Nous prenons la passe du phare “Amédée” tant redoutée de tous les marins et surtout de nuit, vu qu’elle fait à peine 100 à 150 mètres de large et nous passons entre le récif en respectant bien les alignements. Une fois dans le lagon, il faudra encore veiller à bien respecter le balisage afin d’éviter les nombreuses "patates" qui bordent les différents ilôts du lagon avant de pouvoir amarrer le bateau à sa place dans la marina du “CNC”. Comme d’habitude, histoire de fêter cela, quelques bouteilles de bière et une de whisky seront ingurgités avant le traditionnel bain dans la marina. Après cela, une douche à même le ponton, puis au dodo pour le reste de la nuit car au matin, il faudra se rendre à “Port Moselle” pour les formalités d’entrée sur le “CaillouÎle déserte.

Après le passage de l’officier sanitaire (5 minutes) et celui de la police (10 minutes), celui des douanes était plus pénible puisqu’ils se sont mis un malin plaisir à fouiller le bateau de fond en comble pendant plus de 2h00 en espérant trouver quelconque article de contrebande ou bien encore de drogues. Comme nous étions plus que clean, ils sont donc repartis bredouilles, déçus ! Pendant tout la durée de la fouille, nous n’avons pas vraiment perdu notre temps car nous en avons profité pour rincer les voiles, vider les poubelles, et surtout nous ravitailler avec l’apport de croissants par Véronique, puis de bières et autres coca par Chantal, bientôt rejoint d’Eliane et de son amie Danièle.

L’après-midi et le lendemain nous amena au nettoyage et rangement du bateau qui n’a cette fois-ci pas trop souffert de la traversée, vu que nous étions que 4 personnes pour le convoyage au lieu de 7 l’année précédente. A midi, déjeuner au “CNC”, puis après-midi un petit passage chez les parents de Jean-Luc ou nous avons retracé ce périple et pris quelques verres en leur compagnie.

         

Les jours suivants, repos pour tout ce petit monde, histoire de récupérer de notre périple.

A suivre…  Île déserte

Mes derniers WE en Alsace

Publié: 16 janvier 2010 dans Uncategorized

Je me rapproche de mon départ vers d’autres rivages, en effet, 2010 sera pour moi une année charnière car j’ai décidé de quitter ma région natale l’ ”Alsace” pour me rendre aux antipodes . . . la “Nouvelle Calédonie” en laissant derrière moi ma famille, mes amis, mes amours, mes emmerdes !

C’est une nouvelle vie que je vais démarrer avec l’espoir qu’elle sera encore longue et bien remplie afin que je puisse profiter de mes passions, la mer, la voile, les voyages…

Je profite de ces quelques 3 semaines qui me restent avant mon départ pour voir mes amis et mes proches et de passer quelques moments agréables en leur compagnie , @ home, ou ailleurs, autour d’une table, d’un verre, d’un repas, sortie, ou autre…

Je n’ai pas d’appréhension quant à mon avenir (je ne suis pas encore retraité), je vais donc profiter de ce premier séjour de quelques mois pour prospecter à la fois d’un nouveau job et en fonction des possibilités de trouver un toit avant de lâcher définitivement la “France et l’Europe” !

Mais avant cela, je ferais escale à Sydney le 9 février 2010 pour y retrouver mes amis, et comme en 2009, participer au convoyage retour vers Nouméa de “41SUD” après leur participation à la célèbre course Sydney-Hobart 2009 (Rolex Cup) qui s’est déroulée du 26 au 30 décembre dernier et que pour mémoire notre Eric TABARLY national avait remporté en 1967 !

Après le périple de 2009, je n’ai pour seul souhait que la météo soit plus clémente pour ce convoyage car lors de cette édition, c’était plutôt une sacrée galère avec les dépressions qui se succédairent les unes après les autres avec des vents de 45 à 60 noeuds, les instruments de navigations “HS” rongées par le sel, les voiles en lambeaux, plus d’eau potable à bord, et j’en passe… mais tout ce petit monde était près à tout recommencer !

C’est donc chose faite, je remets cela en 2010….. et pourquoi pas plus encore ! ! !

 

Avant toute chose, cela faisait bien longtemps que je n’étais plus allé dans l’hémisphère sud, mon dernier séjour aux antipodes remontant à 2004 ! En effet, lors de ce séjour en NC, je devais participer à la "Course des Iles du Pacifique", mais malheureusement, lorsque je suis arrivé sur place, le bateau (un plan “Young” répondant au nom de “Nouméa”) était en cale sèche pour réparation suite à un accident dans le lagon, et par le pur hasard, j’ai donc fais la connaissance d’un couple américain à qui j’avais demandé s’il avait besoin d’un équipier et qui partait dans les îles du "Vanuatu", mais ceci est une autre histoire….Clin d'oeil

Au moment donc ou mon ami François m’a contacté (au courant premier semestre 2008) pour m’apprendre que l’équipage calédonien de "41 SUD" allait enfin participer à la prochaine édition de la "Sydney-Hobart", et qu’il fallait des marins pour assurer toute la partie logistique (convoyages) de cette épopée, j’ai bien entendu répondu Rire d’emblée et cela bien avant qu’il ne me pose la question si je voulais bien y participer !

Comme ce convoyage me tenait à coeur, j’ai pris mes dispositions auprès de mon employeur afin de caller mon absence et d’assurer ce périple. Pour rappel, "41 SUD" (A40 signé Archambaut – était le seul bateau avec un équipage français de Nouvelle Calédonie) ayant participé à la non-moins réputée course au large "Sydney-Hobart 2008" et qui s’est classé en tout "honneur" à la 7ème place dans la série (cf. mes billets précédents), je vous livre ici quelques nouvelles de ce dernier périple.

J’ai donc décolé le 1er Février à 11h10 de Strasbourg pour arriver à Sydney le 2 février à 21h45 en passant par Paris et Hong Kong. Le voyage s’est déroulé sans problèmes particuliers comme d’habitude, les correspondances (transit) étant très bien orchestrées. Je débarque donc à Sydney, et première tâche, rejoindre "Rushcutter’s Bay" ou le voilier se trouve au "Cruising Yacht Club of Australia" et ou mes amis m’attendent. Après avoir soutiré quelques "$" australiens au distributeur dans l’aérogare, je me met en quête d’un moyen de locomotion pour me rendre au "CYCA" ! Bien que mon ami François ainsi que Véronique m’avaient fait un topo sur les moyens de locomotion (train, bus, taxi, co-taxi), je décide de prendre un "co-taxi" qui dépose plusieurs passagers en divers endroits. Après que le chauffeur ai déposé tous ses clients, je lui explique où se trouve "Rushcutter’s Bay" (un étranger qui lui indique la route) ? Je me retrouve donc après une bonne heure de route et de quelques explications devant le "Ship-Chandler" du Club. Je téléphone à Véronique (je tombe sur son répondeur), puis à Laure qui décroche pour lui expliquer que je suis sur place et que quelqu’un veuille bien me chercher à l’entrée du club qui est fermée à cette heure (il est 23h30) ! Dans les minutes qui suivirent, j’ai été pris en charge par Clément et Guillaume qui me donnaient un coup de main pour les bagages, et s’est ainsi que je suis monté à bord de "41 SUD" que je découvrais et que j’aurais dû ramener de France en Nouvelle-Calédonie, 2 années avant…

L’équipage composé à ce moment de Jean-Luc ESPLAAS (skipper) de son épouse Véronique et de son fils Guillaume, de Laure et Clément, Annabelle, Karine m’ont donc accueillis. Les présentations faites autour d’une bière et après avoir échangé les premières impressions, tout ce petit monde se coucha pour une bonne nuit de sommeil méritée. Le lendemain, on s’organise, ou se trouvent les toilettes, les douches, les magasins, … on discute, qu’allons-nous manger, il faut faire des courses pour la semaine, qui fait quoi, etc….. la vie reprend son rythme… en attendant François et Chantal qui arriveront samedi et qui participeront au convoyage retour.

Durant toute la semaine, les activités s’enchainent soit par des journées "shopping", des baignades le long des plages nombreuses de Sydney, et des sorties pédestres dans les parcs (Opéra, Circular Quai, les "Rock’s", les mangroves, les "Blue Moutains", etc….) ou bien en bateau dans les divers méandres qu’offre la baie de Sydney, l’essentiel étant que chacun y retrouve son bonheur.

Nous participons également à une régate "familiale et sans spi" dans la baie de Sydney qui se déroule tous les "mercredi" et qui est ouverte à tous les propriétaires de bateaux du club. Pour cette régate fort sympathique ou environ une centaine de bateaux participent régulièrement, Franck et Karine (photographes professionnels) nous accompagnent et bien entendu en profitent pour faire quelques clichés ; nous nous plaçons 7 ème à l’arrivée, une fois de plus, ce qui est fort honorable pour des "étrangers" ! Après la régate, c’est la fête au Yacht Club du CYCA comme d’accoutumée, fête qui se termine toujours tard dans la soirée. Après avoir bu beaucoup de bières (excellentes) et autres vins, nous décidons d’aller nous restaurer dans une pizzeria non loin de club. Les pizzas y sont excellentes, mais pas moyen d’avoir de boissons alcoolisées dans cet établissement (question de licence), par contre il n’est pas interdit d’y amener ses propres boissons (cela doit être sous influence anglaise, ha, ha…) ! Ce n’est pas grave, car la prochaine fois, nous penserons à nous approvisionner dans la "cave" juste à côté, ou l’on trouve tout ce que l’on veut !

François et Chantal arrivent enfin le samedi, et nous dinerons encore une fois dans cette même "pizzéria", mais ou nous aurons pris nos précautions quant à l’approvisionnement des boissons ! Retour au bateau, et nuit de sommeil bien méritée…

Nous procédons à l’avitaillement du voilier avant d’entamer le convoyage retour lundi matin vers les 10h00 ; lorsque les procédures de ‘clearances’ seront terminées et que les autorités nous donneront le feu vert pour appareiller, Annabelle, Véronique et Guillaume qui rejoindrons la Nouvelle Calédonie par avion, se rendront sur les "Heads" et prendront quelques photos lors de ce départ. Nous quittons donc Sydney et entamons cette traversée d’une durée estimée d’une semaine avec une météo propice et un vent régulier. Les quarts s’organisent répartis autour des barreurs potentiels (Jean-Luc, Laure, François, Clément et moi-même), chacun prenant à tour de rôle son quart pour assurer la bonne marche du bateau car il n’y a pas de pilote automatique. Les équipes sont formées, Jean-Luc assurera la marche du bateau à lui-seul, tandis que des couples de quarts sont formés : Clément & Laure, François & Chantal, Karine & moi-même sachant que je me mets à la former à la barre lors de cette première journée. La météo pourtant n’est restée clémente que durant cette journée et en fin d’après-midi, nous a fait subir une première dépression importante avec quelques frayeurs à bord. En effet, nous affalons la GV en catastrophe et changeons plusieurs fois de voile d’avant afin de faire avancer le bateau.  Puis les dépressions se sont succédées mettant mal à l’aise plusieurs des équipiers, les quarts deviendront plus rapprochés puisque nous devions les assurer à 4 personnes (Jean-Luc, Clément, François et moi-même) ce qui revient à dire qu’un quart étant de 1h30, nous n’avions chacun que 4h30 de "repos" entre chaque quart ; j’insiste bien sur le mot repos car pour dormir cela devenait impossible Embarrassé !

La traversée qui devait se faire sur 6 à 7 jours devint plus délicate. Les avaries matérielles commencèrent à leurs tours par la défaillance de la centrale d’aide à la navigation dans un premier temps. Lorsque la seconde forte dépression nous toucha lors de la nuit suivante, nous avons décroché le pompon avec la déchirure de la GV juste au niveau du 3ème ris… Nous affalons la GV et sortons la voile ‘tempête’ (5 m²) dont l’équipage a du s’équiper avant le départ pour la course pour une question de sécurité ; pour mémoire la course avait fait plusieurs morts lors de son édition de 1998 ! A ce moment là, nous nous sommes dit que nous avions un peu sous-estimé notre avitaillement Confus nous en arrivions à la conclusion qu’il faudra désormais se rationner en nourriture, ce qui n’est pas un problème en soit puisque vu l’état de la mer, nous n’étions pas vraiment en mesure de faire la cuisine, ni de manger…

Nous naviguerons donc plusieurs heures, voire des jours jusqu’au moment ou nous nous retrouvons dans une pétôle de courte durée. Nous en avons profité pour sécher les vêtements sous les rares rayons de soleil et de voir quels sont les dégâts occasionnés sur la GV. Nous la hissons et constatons qu’elle est déchirée juste en-dessous du 3ème ris et décidons de la maintenir hissée puisqu’elle offre une plus grande surface de voile que celle de la voile tempête permettant ainsi d’avancer un peu plus vite. Ce n’est qu’à partir du 5ème jour que nous nous sommes rendu compte que l’une des bâches à eau étant mal fermée, 100 litres d’eau sur 200 d’embarqués, se sont déversés dans le coffre, et donc devenus impropres à la consommation. Là, les choses deviennent plus graves car il nous reste à peine une vingtaine de litres d’eau potable pour finir la traversée qui risque de durer encore plusieurs jours. Le second rationnement est décrété, il faudra à partir de maintenant limiter cette eau à la consommation et la cuisine ! Les prochains jours se succédèrent avec son lot en alternance de dépressions et accalmies nous obligeant l’utilisation de la voile ‘Volvo’ à plusieurs reprises et cela jusqu’à l’arrivée à Nouméa le 10ème jour vers 1h30. E c’est là que finit notre calvaire à la place du bateau réservée dans la marina ou bien entendu nous avons fêté notre arrivée avec les quelques rares bières, que notre voisin de ponton ‘Lolo’ nous a ramené. Après quelques bières, téquila et whisky ingurgités au rythme des ‘Doors’, et suivi de quelques plongeons inopinés dans le port, tout ce petit monde se coucha pour finir la nuit par un sommeil bien mérité.

Au petit matin, nous nous rendons dans ‘Port Moselle’ pour finaliser notre entrée sur le territoire en effectuant les opérations de ‘clearances’ obligatoires dans chaque port. Pendant que nous attendons les autorités ‘police’ et ‘douanes’, certains d’entre-nous en profitent pour se doucher et de ses raser car cela faisait 10 jours qu’aucun d’entre-nous ne s’était lavé ; je vous laisse imaginer les odeurs émanant du bateau et de nous-mêmes qui y étions habitués ! Mais pour les amis qui se se sont déplacés dès le matin pour nous ramener à boire et à manger car cela faisait plusieurs jours ou nous étions à sec. Une fois restauré et la ‘clearances’ effectuée, nous retournons à la marina en y effectuant un tour d’honneur devant le Yacht Club du Cercle Nautique Calédonien ou bien entendu, la presse nous attendait pour les traditionnels interviews et photos.

Le lendemain, nous sommes retournés au bateau pour le vider et le nettoyer de fond en comble, de l’aérer et d’évaluer les dégâts afin de procéder aux réparations. Les voiles sont débarquées, lavées à grande eau puis séchés et rangées correctement. La GV est démontée et ramenée chez le maître-voilier pour la recoudre, car le week-end suivant, le bateau devra participer à la régate "Tour des Baies" que le club a retardé afin que nous puissions y participer.

En tout et pour tout, il aura fallu à l’équipage plusieurs jours pour se remettre de ce périple qui nous a tous épuisé physiquement. Malgré les litres de bières, d’eau, de coca, etc., que nous avons ingurgité pendant les jours suivants notre retour, nous avons mis 3 à 4 jours pour nous réhydratrer. Mais tout ce petit monde est fort content de cette expérience et est prêt à remettre cela dès la fin de l’année 2009. Entre temps, le bateau participera encore à bien des régates et surtout de plusieurs courses au large tout au long de l’année (Auckland-Nouméa ; Nouméa-Port Vila ; etc…) et cela afin de parfaire les manœuvres de l’équipage pourtant déjà bien rôdé !

Je suis encore resté 3 semaines à Nouméa chez mes amis François et Chantal qui m’ont accueilli, et que je remercie au passage,  avant de revenir en métropole le 15 mars et de reprendre mon travail dès le lendemain. Je n’avais pas oublié mon mot de passe pour me connecter sur mon Ordinateur, malgré ces 6 semaines d’absence, ce que je trouve vraiment "anormal" . . . Sarcastique

Comme quoi, les routines ont du mal à se faire oublier . . . Clin d'oeil

J’ai d’ores et déjà pris des résolutions, et je suis prêt à me relancer dans de telles aventures dès qu’elle se présenteront !

@ bientôt pour de nouvelles aventures … Île déserte

 

PS : En bonus et à consommer sans modération, quelques liens vers des vidéos qui vous feront découvrir cette partie de la "France" située à l’autre bout du monde (22 000 KM de Paris) et dont je suis tombé sous le charme depuis mon premier séjour en 2001 !

En cherchant un peu, je suis sûr que vous trouverez bien d’autres documents traitant le sujet… Île déserte

Enfin l’arrivée !

Tout l’équipage s’est arraché cette nuit pour reprendre des places… Le vent est revenu et nous avons pu batailler jusqu’au bout… Nous avons passe le “Cap Pillar” (pointe sud de la Tasmanie) vers 23h et il restait 40 nautiques entre ce cap et la ligne d’arrivée… Ce cap donne l’entrée dans “Storm Bay”, nom très évocateur. Nous sommes une dizaine de bateaux à régater jusqu’à l’arrivée pendant 7 heures. Il a fallu continuer à tout donner à la contre gite et à la barre, le froid toujours aussi glacial nous gelant les mains et les pieds… Nous nous débrouillons bien et doublons plusieurs bateaux….

.P1020482        P1020486        P1020484

Au petit matin, le soleil se lève et Hobart se réveille, il est 5h45 lorsque nous passons la ligne, c’est extra !

Nous sommes conduits sur la ligne dans le port sur le warf d’accueil ou des milliers de personnes errent sur les pontons pour regarder les bateaux en course… Nous apprenons notre position dans le classement : 7eme, ce qui est un peu frustrant quand on sait que nos 13 heures de “pétole” nous ont fait perdre quelques places dans le classement…

P1020446

Nous sommes donc à coté des autres bateaux de course et c’est la fête à bord de tous les bateaux… on discute, on boit un verre, tout le monde est heureux d’être la ! On rencontre les autres skippers, notamment celui de papillon juste en dessous en photo avec Jean-Luc, “Papillon” était donc un de nos “sister ship”…

P1020473        P1020455        P1020450

Les médias sont sur les pontons et interview les équipages, ils viennent du monde entier (Canada, Australie, Nouvelle Zelande, …) et nous sommes contactés, de même manière qu’à Sydney parce que deux personnes de l’équipage (le skipper et le second) ont participé à la mythique Sydney Hobart 1998 et les journalistes s’étonnent de constater leur retour sur la course 10 ans après…

Nous avons été contacté par le Nouvel Observateur durant la course, ainsi que par un magazine anglais où la Nouvelle-Calédonie sera mentionnée avec une photo du bateau…

Comme chaque année, “Wild Oats” a remporté le temps réel avec 1 jour 20 h 34 min… Et le plus gros bateau ayant remporté le temps compensé est “Quest”.

Nous nous sommes classé 7ème en temps compensé sur 26 avec un temps de 3 jours 16 h 46 min, devant les deux autres “A40”, nos amis professionnels de “Lady Courrier” ont fini 5ème (3 jours 12 h 51 min) et le premier est “Tow Truck” (3 jours 3h 52 min)…

Chacun plie et sèche ses voiles, range son bateau et fait le tri a bord… Nous avons pu prendre une bonne douche bien chaude bien méritée et allons profiter de Hobart qui est rempli de monde (il y avait trois courses en même temps) ! Melbourne – Hobart, le tour de Hobart et la Sydney-Hobart…

Les pontons sont remplis de bateaux et de monde, les familles, les amis, les visiteurs, les curieux, c’est extra… stands, spécialités, photos, discussions, c’est très animé…

Demain aura lieu la remise des prix, puis nous profiteront pleinement de quelques jours de repos bien mérité en attendant le retour sur Nouméa prévu début février !

(Extrait du blog officiel)

SYDNEY / HOBART 2008

Publié: 13 décembre 2008 dans Uncategorized

Ca y est, le bateau est arrivé à Sydney le 9 décembre 2008 !

41_sud_a_sydney_2     marina     rushcutter_bay

Le convoyage s’est bien passé malgré une petite "petole" au milieu et un "petit coup de vent" le dernier jour !

41_sud_championat_2008_063

L’arrivee en baie de Sydney après une semaine de mer sous genaker a l’approche des "heads" (les falaises d’entrée dans la baie) puis au moteur sous le "harbour bridge" ont été exceptionnels !

Les "Customs" ont été tres procéduriers avec nous et plutôt tâtillons, car nous avions beaucoup de formalités a remplir et nous devons les tenir au courant de l’avancement tout au long de notre parcours…

La jauge commence jeudi 11 décembre, sacré truc car nous devons vider entièrement le bateau pour toute une série de tests…

Nous sommes au CYCA dans "rushcutter bay", près d’un parc, à deux pas de "king cross", c’est super sympa… Pour ceux qui viennent bientot nous rejoindre, nous sommes au ponton B 27

La marina est remplie de bateaux superbes et connus dans la "Sydney-Hobart Rolex Cup" … ambiance compétition… Un mur entier est dedié à tous les gagnants de la course depuis son existence soit 64 photos sous cadres affichées !

Si vous voulez en savoir plus et suivre cette aventure, rendez-vous sur le blog suivant : http://anccl.canalblog.com/

PS : Je serais présent pour le convoyage retour au mois de février !

(Extrait du blog officiel)