Archives de mai, 2009

Avant toute chose, cela faisait bien longtemps que je n’étais plus allé dans l’hémisphère sud, mon dernier séjour aux antipodes remontant à 2004 ! En effet, lors de ce séjour en NC, je devais participer à la "Course des Iles du Pacifique", mais malheureusement, lorsque je suis arrivé sur place, le bateau (un plan “Young” répondant au nom de “Nouméa”) était en cale sèche pour réparation suite à un accident dans le lagon, et par le pur hasard, j’ai donc fais la connaissance d’un couple américain à qui j’avais demandé s’il avait besoin d’un équipier et qui partait dans les îles du "Vanuatu", mais ceci est une autre histoire….Clin d'oeil

Au moment donc ou mon ami François m’a contacté (au courant premier semestre 2008) pour m’apprendre que l’équipage calédonien de "41 SUD" allait enfin participer à la prochaine édition de la "Sydney-Hobart", et qu’il fallait des marins pour assurer toute la partie logistique (convoyages) de cette épopée, j’ai bien entendu répondu Rire d’emblée et cela bien avant qu’il ne me pose la question si je voulais bien y participer !

Comme ce convoyage me tenait à coeur, j’ai pris mes dispositions auprès de mon employeur afin de caller mon absence et d’assurer ce périple. Pour rappel, "41 SUD" (A40 signé Archambaut – était le seul bateau avec un équipage français de Nouvelle Calédonie) ayant participé à la non-moins réputée course au large "Sydney-Hobart 2008" et qui s’est classé en tout "honneur" à la 7ème place dans la série (cf. mes billets précédents), je vous livre ici quelques nouvelles de ce dernier périple.

J’ai donc décolé le 1er Février à 11h10 de Strasbourg pour arriver à Sydney le 2 février à 21h45 en passant par Paris et Hong Kong. Le voyage s’est déroulé sans problèmes particuliers comme d’habitude, les correspondances (transit) étant très bien orchestrées. Je débarque donc à Sydney, et première tâche, rejoindre "Rushcutter’s Bay" ou le voilier se trouve au "Cruising Yacht Club of Australia" et ou mes amis m’attendent. Après avoir soutiré quelques "$" australiens au distributeur dans l’aérogare, je me met en quête d’un moyen de locomotion pour me rendre au "CYCA" ! Bien que mon ami François ainsi que Véronique m’avaient fait un topo sur les moyens de locomotion (train, bus, taxi, co-taxi), je décide de prendre un "co-taxi" qui dépose plusieurs passagers en divers endroits. Après que le chauffeur ai déposé tous ses clients, je lui explique où se trouve "Rushcutter’s Bay" (un étranger qui lui indique la route) ? Je me retrouve donc après une bonne heure de route et de quelques explications devant le "Ship-Chandler" du Club. Je téléphone à Véronique (je tombe sur son répondeur), puis à Laure qui décroche pour lui expliquer que je suis sur place et que quelqu’un veuille bien me chercher à l’entrée du club qui est fermée à cette heure (il est 23h30) ! Dans les minutes qui suivirent, j’ai été pris en charge par Clément et Guillaume qui me donnaient un coup de main pour les bagages, et s’est ainsi que je suis monté à bord de "41 SUD" que je découvrais et que j’aurais dû ramener de France en Nouvelle-Calédonie, 2 années avant…

L’équipage composé à ce moment de Jean-Luc ESPLAAS (skipper) de son épouse Véronique et de son fils Guillaume, de Laure et Clément, Annabelle, Karine m’ont donc accueillis. Les présentations faites autour d’une bière et après avoir échangé les premières impressions, tout ce petit monde se coucha pour une bonne nuit de sommeil méritée. Le lendemain, on s’organise, ou se trouvent les toilettes, les douches, les magasins, … on discute, qu’allons-nous manger, il faut faire des courses pour la semaine, qui fait quoi, etc….. la vie reprend son rythme… en attendant François et Chantal qui arriveront samedi et qui participeront au convoyage retour.

Durant toute la semaine, les activités s’enchainent soit par des journées "shopping", des baignades le long des plages nombreuses de Sydney, et des sorties pédestres dans les parcs (Opéra, Circular Quai, les "Rock’s", les mangroves, les "Blue Moutains", etc….) ou bien en bateau dans les divers méandres qu’offre la baie de Sydney, l’essentiel étant que chacun y retrouve son bonheur.

Nous participons également à une régate "familiale et sans spi" dans la baie de Sydney qui se déroule tous les "mercredi" et qui est ouverte à tous les propriétaires de bateaux du club. Pour cette régate fort sympathique ou environ une centaine de bateaux participent régulièrement, Franck et Karine (photographes professionnels) nous accompagnent et bien entendu en profitent pour faire quelques clichés ; nous nous plaçons 7 ème à l’arrivée, une fois de plus, ce qui est fort honorable pour des "étrangers" ! Après la régate, c’est la fête au Yacht Club du CYCA comme d’accoutumée, fête qui se termine toujours tard dans la soirée. Après avoir bu beaucoup de bières (excellentes) et autres vins, nous décidons d’aller nous restaurer dans une pizzeria non loin de club. Les pizzas y sont excellentes, mais pas moyen d’avoir de boissons alcoolisées dans cet établissement (question de licence), par contre il n’est pas interdit d’y amener ses propres boissons (cela doit être sous influence anglaise, ha, ha…) ! Ce n’est pas grave, car la prochaine fois, nous penserons à nous approvisionner dans la "cave" juste à côté, ou l’on trouve tout ce que l’on veut !

François et Chantal arrivent enfin le samedi, et nous dinerons encore une fois dans cette même "pizzéria", mais ou nous aurons pris nos précautions quant à l’approvisionnement des boissons ! Retour au bateau, et nuit de sommeil bien méritée…

Nous procédons à l’avitaillement du voilier avant d’entamer le convoyage retour lundi matin vers les 10h00 ; lorsque les procédures de ‘clearances’ seront terminées et que les autorités nous donneront le feu vert pour appareiller, Annabelle, Véronique et Guillaume qui rejoindrons la Nouvelle Calédonie par avion, se rendront sur les "Heads" et prendront quelques photos lors de ce départ. Nous quittons donc Sydney et entamons cette traversée d’une durée estimée d’une semaine avec une météo propice et un vent régulier. Les quarts s’organisent répartis autour des barreurs potentiels (Jean-Luc, Laure, François, Clément et moi-même), chacun prenant à tour de rôle son quart pour assurer la bonne marche du bateau car il n’y a pas de pilote automatique. Les équipes sont formées, Jean-Luc assurera la marche du bateau à lui-seul, tandis que des couples de quarts sont formés : Clément & Laure, François & Chantal, Karine & moi-même sachant que je me mets à la former à la barre lors de cette première journée. La météo pourtant n’est restée clémente que durant cette journée et en fin d’après-midi, nous a fait subir une première dépression importante avec quelques frayeurs à bord. En effet, nous affalons la GV en catastrophe et changeons plusieurs fois de voile d’avant afin de faire avancer le bateau.  Puis les dépressions se sont succédées mettant mal à l’aise plusieurs des équipiers, les quarts deviendront plus rapprochés puisque nous devions les assurer à 4 personnes (Jean-Luc, Clément, François et moi-même) ce qui revient à dire qu’un quart étant de 1h30, nous n’avions chacun que 4h30 de "repos" entre chaque quart ; j’insiste bien sur le mot repos car pour dormir cela devenait impossible Embarrassé !

La traversée qui devait se faire sur 6 à 7 jours devint plus délicate. Les avaries matérielles commencèrent à leurs tours par la défaillance de la centrale d’aide à la navigation dans un premier temps. Lorsque la seconde forte dépression nous toucha lors de la nuit suivante, nous avons décroché le pompon avec la déchirure de la GV juste au niveau du 3ème ris… Nous affalons la GV et sortons la voile ‘tempête’ (5 m²) dont l’équipage a du s’équiper avant le départ pour la course pour une question de sécurité ; pour mémoire la course avait fait plusieurs morts lors de son édition de 1998 ! A ce moment là, nous nous sommes dit que nous avions un peu sous-estimé notre avitaillement Confus nous en arrivions à la conclusion qu’il faudra désormais se rationner en nourriture, ce qui n’est pas un problème en soit puisque vu l’état de la mer, nous n’étions pas vraiment en mesure de faire la cuisine, ni de manger…

Nous naviguerons donc plusieurs heures, voire des jours jusqu’au moment ou nous nous retrouvons dans une pétôle de courte durée. Nous en avons profité pour sécher les vêtements sous les rares rayons de soleil et de voir quels sont les dégâts occasionnés sur la GV. Nous la hissons et constatons qu’elle est déchirée juste en-dessous du 3ème ris et décidons de la maintenir hissée puisqu’elle offre une plus grande surface de voile que celle de la voile tempête permettant ainsi d’avancer un peu plus vite. Ce n’est qu’à partir du 5ème jour que nous nous sommes rendu compte que l’une des bâches à eau étant mal fermée, 100 litres d’eau sur 200 d’embarqués, se sont déversés dans le coffre, et donc devenus impropres à la consommation. Là, les choses deviennent plus graves car il nous reste à peine une vingtaine de litres d’eau potable pour finir la traversée qui risque de durer encore plusieurs jours. Le second rationnement est décrété, il faudra à partir de maintenant limiter cette eau à la consommation et la cuisine ! Les prochains jours se succédèrent avec son lot en alternance de dépressions et accalmies nous obligeant l’utilisation de la voile ‘Volvo’ à plusieurs reprises et cela jusqu’à l’arrivée à Nouméa le 10ème jour vers 1h30. E c’est là que finit notre calvaire à la place du bateau réservée dans la marina ou bien entendu nous avons fêté notre arrivée avec les quelques rares bières, que notre voisin de ponton ‘Lolo’ nous a ramené. Après quelques bières, téquila et whisky ingurgités au rythme des ‘Doors’, et suivi de quelques plongeons inopinés dans le port, tout ce petit monde se coucha pour finir la nuit par un sommeil bien mérité.

Au petit matin, nous nous rendons dans ‘Port Moselle’ pour finaliser notre entrée sur le territoire en effectuant les opérations de ‘clearances’ obligatoires dans chaque port. Pendant que nous attendons les autorités ‘police’ et ‘douanes’, certains d’entre-nous en profitent pour se doucher et de ses raser car cela faisait 10 jours qu’aucun d’entre-nous ne s’était lavé ; je vous laisse imaginer les odeurs émanant du bateau et de nous-mêmes qui y étions habitués ! Mais pour les amis qui se se sont déplacés dès le matin pour nous ramener à boire et à manger car cela faisait plusieurs jours ou nous étions à sec. Une fois restauré et la ‘clearances’ effectuée, nous retournons à la marina en y effectuant un tour d’honneur devant le Yacht Club du Cercle Nautique Calédonien ou bien entendu, la presse nous attendait pour les traditionnels interviews et photos.

Le lendemain, nous sommes retournés au bateau pour le vider et le nettoyer de fond en comble, de l’aérer et d’évaluer les dégâts afin de procéder aux réparations. Les voiles sont débarquées, lavées à grande eau puis séchés et rangées correctement. La GV est démontée et ramenée chez le maître-voilier pour la recoudre, car le week-end suivant, le bateau devra participer à la régate "Tour des Baies" que le club a retardé afin que nous puissions y participer.

En tout et pour tout, il aura fallu à l’équipage plusieurs jours pour se remettre de ce périple qui nous a tous épuisé physiquement. Malgré les litres de bières, d’eau, de coca, etc., que nous avons ingurgité pendant les jours suivants notre retour, nous avons mis 3 à 4 jours pour nous réhydratrer. Mais tout ce petit monde est fort content de cette expérience et est prêt à remettre cela dès la fin de l’année 2009. Entre temps, le bateau participera encore à bien des régates et surtout de plusieurs courses au large tout au long de l’année (Auckland-Nouméa ; Nouméa-Port Vila ; etc…) et cela afin de parfaire les manœuvres de l’équipage pourtant déjà bien rôdé !

Je suis encore resté 3 semaines à Nouméa chez mes amis François et Chantal qui m’ont accueilli, et que je remercie au passage,  avant de revenir en métropole le 15 mars et de reprendre mon travail dès le lendemain. Je n’avais pas oublié mon mot de passe pour me connecter sur mon Ordinateur, malgré ces 6 semaines d’absence, ce que je trouve vraiment "anormal" . . . Sarcastique

Comme quoi, les routines ont du mal à se faire oublier . . . Clin d'oeil

J’ai d’ores et déjà pris des résolutions, et je suis prêt à me relancer dans de telles aventures dès qu’elle se présenteront !

@ bientôt pour de nouvelles aventures … Île déserte

 

PS : En bonus et à consommer sans modération, quelques liens vers des vidéos qui vous feront découvrir cette partie de la "France" située à l’autre bout du monde (22 000 KM de Paris) et dont je suis tombé sous le charme depuis mon premier séjour en 2001 !

En cherchant un peu, je suis sûr que vous trouverez bien d’autres documents traitant le sujet… Île déserte

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